Adrien Vada

2024 · Tragédie · En tournée

d’après Rodogune, de Corneille

Royaume de Pyrie, 124 av. J-C.Lorsqu’un roi meurt et qu’il est père de jumeaux, lequel des deux est l’aîné et doit prendre sa place ? La reine veuve Cléophène, dépositaire du pouvoir, doit céder sa couronne, et elle seule connaît le secret de son successeur…

Rôle · Antiochus
Compagnie Crescite — Angelo Jossec

1h30

Un drame familial de l’amour et de la haine

« Rodogune ? Shakespeare n’a rien écrit de plus beau. »

Stendhal, 16 juillet 1804
Les Crescite poursuivent le travail de l’alexandrin entrepris sur Bérénice. Dans Cléophène, les personnages sont sanguinaires, vils, assoiffés de pouvoir.

« Je vois dans le hasard tous les biens que j’espère,Mais ne puis être heureux sans le malheur d’un frère. »

Antiochus, Acte I

La figure des jumeaux : une incarnation à deux têtes du dilemme cornélien.

La princesse Rodogune, fille du roi ennemi, est tenue captive. Les deux princes héritiers l’aiment, contre la loi de leur mère.

« Je puis, comme je veux, tourner le droit d’aînesse,Et donne à ton rival ton sceptre et ta maîtresse. »

Cléophène, Acte IV
La mise en scène, volontairement spectaculaire, dépayse le spectateur dans un univers où sons et lumières soutiennent l’immersion dans un drame antique épique.

Corneille excelle lorsqu’il n’est pas corseté par les unités ou la bienséance.

La rigueur sur le travail du vers sera la même que sur Bérénice.

« Il vaut mieux mériter le sort le plus étrange.Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge ! »

Cléophène, Acte V

« Jusqu’où serez-voussemblables ? »

Dans ce travail de la compagnie Crescite, les rebondissements vont arriver à chaque acte. L’acte final termine en apothéose quasi burlesque, et donne à cette adaptation de Rodogune de Corneille toute sa dimension shakespearienne.

Bande annonce — Théâtre l’Étincelle, Ville de Rouen